Tout d'abord,
qu'est-ce qu'une libellule?
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Une vie cyclique
Les libellules (ou odonates)
appartiennent au
grand groupe des arthropodes (invertébrés
à pattes articulées), et comme tous les
arthropodes, elles ont
un
squelette externe. Contrairement à nous autres,
vertébrés
qui possédons un squelette interne dont la croissance est
progressive, elles ont en effet une enveloppe
rigide et non
extensible, dont elles doivent se
débarrasser
pour
grandir: leur croissance est ainsi assurée grâce
à une succession
de mues.

Leur vie larvaire a lieu dans l'eau, et peut durer plusieurs
années chez certaines
espèces. Puis, c'est
l'émergence:
la larve
sort
de l'eau
et se métamorphose,
laissant derrière elle son exuvie (sa
dernière
enveloppe larvaire). Ce passage délicat d'une vie aquatique
à une vie aérienne prend souvent
plusieurs heures au
bout desquelles l'imago
(libellule pendant sa phase
de vie aérienne) prend son envol. La libellule peut alors
demeurer
à
proximité de son lieu d'émergence
ou
partir ailleurs,
mais, après une durée plus ou
moins longue, une fois devenue
adulte
(prête pour se
reproduire), elle se rendra
toujours à proximité d'un point
d'eau pour s'accoupler et pondre. La
phase aérienne de sa vie
aura donc permis sa reproduction. C'est aussi la phase qui permet la
dispersion des populations et
la colonisation de nouveaux lieux
propices à la reproduction,
parfois
très éloignés du lieu de
naissance. L'éclosion
ultérieure de nouvelles larves
permettra de
boucler le cycle...
Quelques exemples
d'émergences:
émergence
d'un agrion jouvencelle
émergence
d'un
orthétrum réticulé
émergence
d'une
aeschne bleue
Un physique de chasseur
Exclusivement carnivore,
la libellule est un redoutable prédateur.

Deux
gros yeux composés de
milliers d'ommatidies à faces hexagonales lui permettent un
repérage
extrêmement efficace des proies, qu'elle rejoint d'un vol
précis grâce à ses deux paires d'ailes.
La libellule est un
insecte: comme tous les insectes,
elle
possède trois paires de pattes, celles-ci sont
munies de longues épines acérées qui
l'aident à retenir
ses futures victimes.

Les proies, insectes
principalement, mais aussi crustacés lors de la
phase
aquatique et même têtards ou alevins
capturés par les
plus grosses larves, sont
dégustées
grâce à de fortes mandibules. Les larves disposent
quant à elles d'un masque préhensile qui se
déplie et peut capturer de façon foudroyante
toute
petite bête passant imprudemment à
proximité.
Une reproduction originale
Le mâle transfère tout
d'abord ses
spermatozoïdes depuis l'extrémité
de son abdomen
jusqu'à un réservoir situé sous son
deuxième segment abdominal, au
niveau des pièces
copulatrices. C'est là que la femelle
va venir
mettre ses organes génitaux lors de l'accouplement,
formant alors avec le mâle un coeur
copulatoire,
caractéristique des odonates. Puis c'est le moment de la
ponte, la femelle peut alors être seule ou en tandem avec le
mâle, les oeufs
peuvent être
insérés dans des végétaux
grâce
à un
ovipositeur
(chez les zygoptères et les
aeschnidés), être posés sur
ceux-ci,
ou
bien être
simplement lâchés dans,
au-dessus ou
à
proximité de l'eau.

Quelques illustrations de la grande diversité des
méthodes de ponte chez les libellules:
chez les
zygoptères (ponte
avec ovipositeur) : agrion
nain
femelle seule
caloptéryx
vierge
femelle
sous la
surveillance du mâle
leste
vert
en
tandem, dans écorce d'arbre
leste
sauvage
en tandem, sur les tiges
des
végétaux de la rive
agrion
de Vander
Linden
en tandem, sur
la végétation affleurante
chez les anisoptères
: aeschne mixte
femelle seule, avec ovipositeur
cordulégastre
annelé
femelle seule, lame
vulvaire
insérant ses oeufs dans le sable d'une rivière
libellule
déprimée
femelle seule, oeufs
lâchés
dans l'eau
sympétrum
rouge sang en tandem, oeufs
lâchés au-dessus d'une zone humide
Les différentes parties du
corps de l'imago

Les libellules, lors de leur phase aérienne, comportent
toutes :
- une tête avec
deux gros
yeux composés, trois ocelles (organes sensibles à
la lumière) et une paire d'antennes.

On peut constater sur les photos
ci-dessous la grande
mobilité
de la tête par rapport au reste du corps chez cet agrion joli
quelque peu acrobate!

- un thorax
d'où partent trois paires de pattes et deux paires
d'ailes.
La forme de la bordure
postérieure
(arrière) du
pronotum ainsi que la nervation des ailes permettent parfois la
distinction des espèces.
On peut d'autre part
remarquer la grande largeur des tibias chez les agrions à
larges pattes mâles.

- un abdomen
allongé composé de dix segments, avec des
pièces
copulatrices sous le deuxième segment abdominal du
mâle et
des organes
reproducteurs au niveau de
l'extrémité abdominale.

Chez le
mâle, on peut voir, au niveau du dernier segment abdominal,
les
appendices anaux qui forment une sorte de pince permettant de
tenir la femelle
lors de l'accouplement et lors de la
ponte
lorsque celle-ci a lieu en tandem. On distingue les
appendices anaux supérieurs (en position dorsale)
appelés
cercoîdes et les
appendices annaux
inférieurs (en position ventrale) : deux
cerques ou une lame supra-anale suivant l'espèce.

Chez la
femelle,
il n'existe pas d'appendices anneaux inférieurs. On trouve
par contre sur la face ventrale un ovipositeur, qui permet
d'insérer les oeufs
dans les
végétaux, ou
une lame vulvaire (plus ou moins visible) chez les libellules
n'utilisant pas cette méthode de ponte.

Chez plusieurs espèces - quelques lestes, les
orthétrum, les libellules déprimées et
fauves-
certaines parties du corps des mâles matures se couvrent d'une
pruinosité
(poudre
bleue) qui peut être parfois
partiellement ôtée
par contact lors de l'accouplement (photos de gauche)
ou accidentellement
(photo de droite).

Il est par ailleurs probablement utile de souligner que la
coloration
d'une libellule évolue fréquemment au cours du
temps, et
que, pour une même espèce, les
mâles et les femelles sont d'apparence souvent fort
différente.
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